

Pour les scale-ups et entreprises en phase de croissance en Europe qui rivalisent avec les salaires fixes des grands groupes pour recruter des talents en cybersécurité, l’equity n’est pas un avantage accessoire : c’est le principal mécanisme permettant de combler l’écart de rémunération et de fidéliser des professionnels qui disposent de plusieurs options très bien rémunérées.
La rémunération en equity désigne des instruments financiers liés à la propriété de l’entreprise ou ouvrant droit à une forme de participation, attribués aux salariés dans le cadre de leur rémunération globale. Pour les scale-ups, elle sert à concurrencer les salaires fixes des grands groupes en offrant un potentiel de gain, un alignement avec la mission et une exposition à la création de valeur de l’entreprise.
Les employeurs de type enterprise, notamment les banques, fournisseurs cloud, cabinets de conseil et éditeurs mondiaux spécialisés en cybersécurité, peuvent souvent proposer une rémunération garantie en cash plus élevée. Les scale-ups gagnent rarement uniquement sur le salaire fixe. Elles ont besoin d’un package global plus convaincant : un niveau de cash crédible, une equity significative, une progression claire et un mandat cybersécurité ayant une importance au niveau du conseil d’administration.
Les professionnels seniors de la cybersécurité sont également de plus en plus à l’aise avec les mécanismes d’equity. Les security engineers, Heads of Security et CISOs posent désormais des questions sur le pourcentage totalement dilué, le calendrier d’acquisition (vesting schedule), la période de cliff, le prix d’exercice (strike price) et l’ordre de préférence en cas de liquidation (preference stack) avant d’accepter une offre. Un calendrier d’acquisition correspond au rythme selon lequel l’equity est acquise, généralement sur 4 ans dans les scale-ups européennes. Un cliff correspond à la durée minimale de présence avant toute acquisition, le plus souvent 12 mois. Le prix d’exercice est le prix auquel le détenteur d’une option peut acheter des actions. L’ordre de préférence en cas de liquidation détermine l’ordre dans lequel les produits sont distribués lors d’un événement de liquidation, ce qui influe sur la valeur réelle de l’equity des salariés.
Pour les recrutements de CISO et de Head of Security, l’equity est désormais une attente standard au niveau scale-up, quel que soit le salaire fixe. Un recrutement senior responsable du risque cyber, de la confiance client, de la préparation à la conformité et de la réponse à incident s’attend à participer à la création de valeur de l’entreprise.
Résumé : L’equity fonctionne lorsqu’elle comble un écart de rémunération précis, explicite clairement le risque et crée un alignement de rétention. Les professionnels de la cybersécurité qui disposent d’une part importante d’equity non acquise ont un coût d’opportunité visible s’ils partent, ce qui fait de la conception de l’equity un mécanisme stratégique de fidélisation plutôt qu’un simple élément décoratif de l’offre.
Les structures d’equity en Europe ne sont pas interchangeables ; le bon instrument dépend de la juridiction de l’entreprise, du traitement fiscal, du lieu de résidence du salarié et du niveau de familiarité des candidats avec le modèle local d’equity.
Les EMI Options (Enterprise Management Incentives) constituent le principal véhicule d’equity pour les start-ups et scale-ups au Royaume-Uni. Elles permettent aux entreprises éligibles d’attribuer des options, souvent à une juste valeur de marché convenue et parfois avec une décote, tout en offrant des avantages fiscaux importants aux salariés lors de l’exercice et de la cession. L’EMI est l’une des structures d’equity les mieux comprises par les candidats en Europe, en particulier parmi les professionnels britanniques de la cybersécurité ayant déjà travaillé dans des entreprises SaaS, fintech ou cyber financées par le capital-risque.
Les BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise) sont l’équivalent français des EMI options. Ils offrent une equity fiscalement avantageuse aux start-ups et scale-ups françaises et sont de plus en plus utilisés dans les entreprises technologiques. Les candidats français en cybersécurité sont souvent moins familiers avec l’equity que leurs homologues britanniques, en particulier en dehors de Paris. Le taux d’acceptation des offres s’améliore lorsque les employeurs expliquent en termes concrets la taille de l’attribution, le traitement fiscal, le vesting et les scénarios de sortie probables, plutôt que de supposer que le candidat maîtrise déjà le fonctionnement des BSPCE.
La phantom equity est un substitut d’equity versé en cash, dans lequel les salariés reçoivent un paiement lié à la croissance de la valeur de l’entreprise sans recevoir de véritables actions. En Allemagne, les structures de type GmbH peuvent rendre l’émission d’actions réelles complexe ; c’est pourquoi la phantom equity et les plans de virtual share options constituent des alternatives pratiques courantes. Les candidats en cybersécurité doivent comprendre que ces attributions sont réglées en cash et non en actions, et que les modalités de versement dépendent fortement du document de plan et des définitions retenues pour les événements de sortie.
Les start-ups néerlandaises utilisent une gamme variée d’instruments d’equity, notamment des options et des stock appreciation rights. Le traitement fiscal varie selon la structure du plan et la situation du salarié ; les candidats internationaux ont donc souvent besoin de conseils individualisés. Le régime néerlandais des 30 % peut affecter la valeur nette de la rémunération des professionnels recrutés à l’international, notamment les security engineers qui s’installent à Amsterdam, Eindhoven, Utrecht ou Rotterdam. Les employeurs devraient modéliser le package net complet plutôt que de discuter de l’equity isolément.
Les scale-ups paneuropéennes utilisent de plus en plus des structures d’equity standardisées sur plusieurs marchés. Une société constituée au Royaume-Uni peut recourir aux EMI lorsqu’elle y est éligible ; une structure avec holding peut utiliser un ESOP (employee share option plan) dans plusieurs juridictions. Les standards d’equity doivent toutefois rester spécifiques au secteur : la logique de rémunération d’un éditeur cyber qui se bat pour attirer des talents rares en sécurité est très différente de celle d’une entreprise de services locale, comme une entreprise de couverture danoise à Odense et sur l’île de Fionie, où les packages liés à la propriété constituent rarement le principal levier de recrutement.
Résumé : Les candidats britanniques comprennent généralement l’EMI, les candidats français ont souvent besoin d’explications sur les BSPCE, les candidats allemands s’attendent à des actions virtuelles ou à de la phantom equity, et les candidats néerlandais accordent une grande attention à la fiscalité et à la valeur nette. Les employeurs opérant en cross-border doivent standardiser les principes tout en adaptant l’explication localement.
Les benchmarks d’equity pour les scale-ups européennes en cybersécurité se resserrent à mesure que les tours de financement avancent, car les entreprises à un stade plus tardif ont généralement des valorisations plus élevées, un risque moindre et des pools d’actionnariat davantage dilués.
La matrice de benchmark 2026 ci-dessous reflète les attributions initiales typiques en pourcentage du capital totalement dilué. Les fourchettes varient selon le marché, la séniorité, le niveau de risque de l’entreprise et le fait que le poste soit un rôle de contributeur individuel, de construction de fonction ou d’exécutif exposé au board.
Les pourcentages d’equity diminuent à mesure que la valorisation de l’entreprise augmente. Une participation de 0,1 % en Série A peut valoir nettement plus qu’une participation de 0,5 % en Seed si l’entreprise change d’échelle, si la dilution reste maîtrisée et si l’ordre de préférence en cas de liquidation est favorable. Les candidats comprennent de plus en plus cette distinction et demanderont le contexte de valorisation, et pas seulement le pourcentage nominal.
Un refresher grant est une attribution supplémentaire d’equity accordée après l’attribution initiale, généralement pour retenir les salariés à fort impact. Pour les professionnels seniors de la cybersécurité qui approchent de l’acquisition complète de leurs droits, les refreshers sont de plus en plus courants et représentent généralement 25 %-50 % de l’attribution initiale, souvent autour de la deuxième année.
Résumé : Le bon package d’equity en cybersécurité en Europe dépend fortement du stade de l’entreprise. Les entreprises plus jeunes doivent accorder des pourcentages plus élevés pour compenser le risque ; les entreprises plus avancées peuvent proposer des pourcentages plus faibles parce que la valorisation, les perspectives de liquidité et les niveaux de salaire sont généralement plus solides.
Un package de rémunération cybersécurité compétitif en Europe commence par une rémunération en cash crédible, puis utilise l’equity pour créer du potentiel de gain, de la rétention et un alignement avec la création de valeur de l’entreprise.
Résumé : Les offres gagnantes en cybersécurité combinent un salaire au prix du marché, des mécanismes d’equity transparents, un vesting standard, des conditions de départ équitables et des refreshers crédibles à long terme. Les candidats n’ont pas besoin d’un potentiel irréaliste ; ils ont besoin de suffisamment d’informations pour valoriser intelligemment l’opportunité.
Les négociations d’equity en cybersécurité en Europe reposent généralement sur cinq variables : la séniorité du poste, le stade de l’entreprise, le type d’instrument, les modalités de vesting et la transparence sur la valeur.
Quelle equity un CISO doit-il attendre dans une scale-up européenne ? Un CISO dans une scale-up européenne peut généralement attendre 0,40 %-1,00 % en Seed, 0,25 %-0,65 % en Série A, 0,15 %-0,35 % en Série B et 0,08 %-0,20 % en Série C+. Le bon niveau au sein de cette fourchette dépend du fait que le CISO soit exposé au board, porte le risque réglementaire, construise la fonction à partir de zéro, pilote la réponse à incident et couvre plusieurs juridictions. Le salaire fixe reste important ; une offre en cash plus faible ne justifie un positionnement vers le haut de la fourchette que si la valorisation, le prix d’exercice et les conditions de départ sont crédibles.
Quelle est la différence entre les EMI options et la phantom equity ? Les EMI Options sont de véritables options de souscription ou d’achat d’actions britanniques accordées dans le cadre du dispositif Enterprise Management Incentives, généralement avec un traitement fiscal favorable pour les entreprises et les salariés éligibles. La phantom equity n’est pas une détention réelle d’actions. Il s’agit d’un paiement contractuel en cash lié à la croissance de la valeur de l’entreprise, souvent utilisé lorsqu’il est difficile d’émettre de vraies actions, comme dans les structures allemandes de type GmbH. L’EMI donne au salarié une option d’achat d’actions à un prix d’exercice ; la phantom equity donne généralement lieu à un versement uniquement lors d’événements définis, tels qu’une cession ou une opération de liquidité.
Comment fonctionne un cliff de vesting pour les professionnels de la cybersécurité ? Un cliff de vesting fixe la période minimale de service avant toute acquisition d’equity. Dans les scale-ups européennes, la structure standard correspond à un calendrier d’acquisition sur 4 ans avec un cliff d’1 an. Si un security engineer ou un CISO quitte l’entreprise après 11 mois, aucune equity n’est acquise. S’il reste 12 mois, en général 25 % sont acquis, puis le reste s’acquiert mensuellement ou trimestriellement au cours des 3 années suivantes. Cela protège l’entreprise contre les départs rapides tout en donnant au salarié un parcours de rétention clair.
Comment les professionnels de la cybersécurité évaluent-ils les packages d’equity ? Les professionnels seniors de la cybersécurité évaluent l’equity en regardant au-delà du pourcentage affiché. Ils examinent la valorisation actuelle, la base totalement diluée, le prix d’exercice, le calendrier d’acquisition, le cliff, la dilution attendue, l’ordre de préférence en cas de liquidation, le traitement fiscal et les clauses de départ. Ils comparent aussi l’equity au salaire fixe, au bonus, à la flexibilité du télétravail et à l’ampleur du rôle. Les candidats les plus avertis demandent des scénarios de sortie réalistes, car un pourcentage plus élevé dans une entreprise survalorisée ou dotée d’un preference stack très chargé peut valoir moins qu’une attribution plus faible dans une structure plus saine.
La rémunération en equity peut-elle remplacer un salaire fixe compétitif pour les recrutements seniors en cybersécurité ? Non. La rémunération en equity peut réduire l’écart entre les offres des scale-ups et celles des grands groupes, mais elle ne peut pas remplacer un salaire fixe compétitif pour les recrutements seniors en cybersécurité. Les CISOs, Heads of Security et senior engineers possèdent des compétences très recherchées et disposent d’alternatives avec un cash prévisible, des bonus et des avantages établis. Un candidat peut accepter un cash légèrement inférieur en échange d’un potentiel crédible, d’une mission et d’une autonomie, mais un package 20 %-30 % en dessous du marché crée généralement un risque de refus, sauf si le dossier equity est exceptionnel et expliqué clairement.
Résumé : Les discussions sur l’equity les plus solides sont précises, chiffrées et transparentes. Les candidats n’attendent pas de certitude, mais ils attendent suffisamment d’informations pour évaluer le risque, le potentiel de gain et l’équité de l’offre.
L’equity est un levier stratégique de rémunération pour le recrutement en cybersécurité en Europe, car elle relie des talents seniors rares à la création de valeur de l’entreprise tout en aidant les scale-ups à rivaliser avec les packages en cash des grands groupes.
Pour les fondateurs, CFOs et CHROs, la priorité n’est pas simplement d’offrir davantage d’equity. La priorité est de concevoir une stratégie de rémunération cybersécurité en Europe qui soit crédible selon le poste, le stade de financement, la juridiction et les attentes du candidat. Cela signifie utiliser le bon véhicule d’equity, benchmarker la taille des attributions, expliquer l’ordre de préférence en cas de liquidation, définir des conditions de départ équitables et planifier des refreshers avant que le risque de départ n’apparaisse.
Optima Europe accompagne les organisations qui recrutent des dirigeants et spécialistes cybersécurité critiques pour l’activité grâce au market mapping, à l’executive search et à l’intelligence de rémunération en Europe et sur les marchés internationaux. Si vous préparez le recrutement d’un CISO, d’un Head of Security, d’un Cloud Security Engineer ou d’un leader DevSecOps, une discussion structurée sur la rémunération globale peut améliorer de façon significative le taux d’acceptation des offres et la rétention à long terme.
Enseignement stratégique : En 2026, l’equity n’est pas un élément secondaire dans le recrutement en cybersécurité. Elle fait partie du modèle opérationnel central pour attirer, convaincre et fidéliser les talents seniors de la sécurité dans les scale-ups européennes.